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LA FABRIQUE AGRICOLE

2015

Programme

Ferme urbaine de production maraîchère
Halle de transformation des produits cultivés et de transmission de savoir-faire
Cluster d’urbanisme agricole, logements sociaux, logements en accession et logements étudiants, hôtel, activités & commerces

LIEU
Site Eole Evangile, 189 rue d’Aubervilliers, Paris XIX, Paris (75)

ORGANISATEUR
Mairie de Paris


EQUIPE
LUA, SOA, Kengo Kuma, Nadau Lavergne, Le Sommer Environnement, Gally Etude, Jounet-Lacoste, Une Autre Ville, Bureau Michel Forgue, Archimen, Lasa, BG, Mathis, CMF

BUDGET
24.6 M€HT

SDP
18 506 m²

STATUT
Concours sur APS

LA FABRIQUE AGRICOLE est un prototype de quartier métropolitain qui apporte une réponse française à la question internationale de l’agriculture urbaine en milieu dense. Ce projet, ici représenté sur une enclave ferroviaire du site Paris Nord Est, est à envisager sur un site industriel en reconversion du Grand Paris.
D’un point de vue territorial, son objectif est d’établir une relation forte avec l’agriculture de l’Île-de-France. D’un point de vue urbain, c’est un quartier d’un nouveau genre. Il se résume en 5 actions fortes, constitutives d’un mode de vie « à la française ».

1 / UN CENTRE D’AGRICULTURE URBAINE
Associer un équipement public, un centre d’information et de débats qui centralise et fédère les questions d’agriculture urbaine et franciliennes à une ferme maraichère professionnelle qui confectionne le paysage du quartier à travers ses multiples activités et productions agricoles. Montrer comment les productions agricoles sont amendées à partir du recyclage des déchets urbains.

2 / UN NOUVEAU QUARTIER MÉTROPOLITAIN
Un nouveau quartier métropolitain à l’identité forte et attractive. Autour des nombreuses activités agricoles, inviter les investisseurs à être moteur dans l’invention de la ville de demain. Favoriser et motiver l’évolution des standards du logement, des activités et des commerces autour de la dynamique urbaine agricole et de ses modalités collaboratives.

3 / UN DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE LOCAL
À partir des productions agricoles, mettre en place une écologie de la microindustrie et de la transformation des matières premières comme mode de développement et de pérennisation d’activités et de commerces de proximité.
Croiser les métiers de producteur agricole urbain, de brasseur, de jardinier, de restaurateur, etc.

4 / UN PAYSAGE AGRICOLE COMME ESPACE PUBLIC
Fusionner l’espace public et l’espace agraire à travers un partenariat d’entretiens entre la ville et l’agriculteur urbain. Aménager un paysage urbain exceptionnel dans lequel places, voiries, espaces verts, terrasses sont mêlés aux cultures et aux vergers.

5 / UNE DESTINATION INTERNATIONALE
Faire de ce prototype agro-urbain, simple et démonstratif, une destination pour tous, un lieu unique en France ou l’on vient passer la journée pour découvrir l’agriculture urbaine et ses multiples échanges avec la ville, écouter une conférence sur l’avenir des campagnes, observer les nouveaux modes de culture, apprendre à cuisiner et bien sûr manger une cuisine française.
Le projet propose une agriculture urbaine indissociable de son quartier, de ses habitants et de ses activités, une cité agricole gastronomique qui perpétue des savoir-faire mondialement reconnus. Au-delà de la forme inédite de son environnement urbain, de ses champs et de ses vergers dans ses rues, ce quartier met à l’honneur les métiers, à commencer par celui d’agriculteur urbain.

FAIRE DE L’AGRICULTURE UN LEVIER D’AMÉNAGEMENT URBAIN

Pour beaucoup aujourd’hui, cultiver, transformer et approvisionner en proximité, structurer les filières agricoles autour et avec les grands centres urbains, réhabiliter des solidarités ville-campagne, c’est à la fois combattre l’insécurité nutritionnelle et l’étalement urbain, mais aussi inventer une nouvelle ingénierie qui se réclame tout autant de l’agriculture locale que d’un urbanisme de la proximité. C’est reconsidérer les stratégies urbaines et territoriales vers la recherche de nouveaux équilibres sociaux et environnementaux. C’est attribuer à l’agriculture de nouvelles fonctions de recomposition et organisation urbaines. In fine, c’est hybrider ces deux formes de fabrication du territoire en une seule : l’urbanisme agricole ou l’agri-urbanisme.

C’est une combinaison d’enjeux transversaux de première importance : concurrence croissante sur l’accès aux ressources agroalimentaires, enjeux de protection sanitaire des consommateurs, de préservation des ressources naturelles, de maintien de la biodiversité, de la diversité culturelle et de la qualité organoleptique des aliments. L’agriculture doit cesser d’être la victime de l’étalement urbain. Elle en est désormais l’une des composantes structurantes.

AGRICULTURE URBAINE : UN LIEN PARIS / ÎLE-DE-FRANCE

Le projet « La Fabrique Agricole » porte une contribution à l’objectif de conciliation des fonctions urbaines et des fonctions agricoles sur le territoire francilien. Ce travail synthétise 10 ans de recherches du Laboratoire d’Urbanisme Agricole et de l’agence SOA.

Ré-inventer la ville, c’est répondre de façon locale à des problématiques territoriales d’avenir. Le projet envisage de concilier les fonctions urbaines et les fonctions agricoles franciliennes pour dépasser les conflits territoriaux qui font de la ville une dévoreuse de champs et de la campagne agricole un territoire reclus et caché des urbains. L’agriculture est déjà urbaine et la métropole francilienne, riche d’un terroir exceptionnel, doit reposer les bases de son rapport à la nature.

La COP21 est l’occasion de formuler de façon manifeste ce que peuvent être les qualités et les richesses de la Métropole de demain, et ce sur quoi elles peuvent se fonder durablement. Partant du postulat que la qualité urbaine relève, en priorité, de l’aptitude à qualifier ses sols, que réussir la rue c’est en partie réussir la ville, il semble que ville et agriculture soient liées par une problématique de sols. De la terre fertile à la rue active, la réinvention du paysage urbain se joue essentiellement à hauteur d’homme, autrement dit au niveau du rez-de-chaussée.
La Fabrique Agricole, version « à la française » d’une ferme urbaine qui s’érige parmi les premiers modèles internationaux, propose de répondre à ces deux préalables.

UN SITE INDUSTRIEL

Le projet traduit la volonté de s’appuyer sur des infrastructures et des espaces publics limitrophes de la gare Rosa Parks, du cours d’Aubervilliers et des voies ferrées, mais, également de créer du lien entre les différents sites du quartier.
L’évaluation des contraintes du site ainsi que les défis qu’il présente posent les axes de réponse de la Fabrique Agricole. Il s’agit là de montrer en quoi cette programmation répond aux enjeux spécifiques du site et de redonner une place à la micro-industrie dans la vie urbaine.

Réactiver une friche ferroviaire contrainte
Le site présente des contraintes liées aux différentes infrastructures qui le bordent. La Fabrique Agricole élabore de nombreux dispositifs pour faire face à ces nuisances qui entravent son développement domestique (bruit, pollution, situation enclavée entre de grands axes de transports) et proposer un centre urbain attractif.

Donner une place forte à la nature dans un environnement urbain très dense
Sur ce terrain, situé entre les deux rives de quartiers denses peu dotées d’espaces verts, la Fabrique Agricole a pour vocation de générer des espaces agraires qualitatifs et un espace public paysager comestible entretenu. De plus, proposant une continuité végétale entre les espaces publics, collectifs et privés, elle instaure un paysage vivant et dynamique à l’échelle du quartier. La nature est à la fois active et se propose comme un espace à vivre.

Redynamiser une zone d’activités d’origine industrielle
Le triangle Éole-Évangile fait partie d’une zone urbaine en forte mutation, historiquement liée à de nombreuses activités et métiers. Consciente de cette histoire et désireuse de lui redonner du souffle, la Fabrique Agricole pérennise une forme urbaine mixte en donnant une place prépondérante à la production et à la transformation de matières premières.

Développer de nouvelles pratiques, de nouveaux métiers pour un nouvel avenir
L’environnement social du site présente une forte demande de développement professionnel et de débouchés à laquelle la Fabrique Agricole, véhicule fédérateur de nombreux métiers et de nouvelles pratiques, propose de répondre. En effet, la présence fondamentale d’un ensemble d’activités liées à l’agriculture, aux métiers de transformation, de fabrication, de transmission des savoirs et de formation, est synonyme de débouchés, de perspectives professionnelles et, donc, d’avenir. Par cette proposition de nouveaux usages, elle participe également à la définition et au développement de nouveaux métiers tels que l’agriculteur-urbain, le cuisinier streetfood, le brasseur urbain ou encore l’ingénieur et l’architecte de l’urbanisme agricole.

Redonner une place prépondérante au vivant et à la biodiversité
La Fabrique Agricole produit un secteur urbain engagé dans le développement de la biodiversité. Porteuse de puissants messages autour du vivant, ses principes paysagers (cultures en terre surélevées, vergers présents sur l’espace public, bâtiments-jardin, jardins en toiture, façades végétalisées) favorisent un fort développement de la biodiversité, poursuivant, ainsi, les efforts des trames et corridors déjà engagés dans le secteur. À travers la diversité des espaces naturels, l’urbanisme agricole du projet Éole-Évangile favorise l’observation et la compréhension du vivant, clé des intérêts pour la biodiversité.

UN URBANISME AGRICOLE EN MILIEU DENSE

L’année où Paris accueille la COP21 est l’occasion de repenser la fabrication urbaine comme un élément déterminant pour les enjeux environnementaux de la planète, capable d’intégrer les objectifs de lutte contre les changements climatiques.

Une programmation urbaine autour de l’agriculture
Favorisant le regroupement de plusieurs entreprises autour du thème fédérateur de l’agriurbanisme, le futur agri-quartier se définit comme une grappe d’entreprises orientées vers la territorialisation des enjeux liés au développement de l’agriculture de proximité, la structuration des filières courtes et des processus d’activation des ressources dites territoriales au niveau régional.

La perspective est de pouvoir envisager un mode de développement permettant la capitalisation croisée des savoir-faire, des idées, des méthodes et des outils selon un processus d’apprentissage collectif. La proximité de ces différentes entreprises permettra de produire un certain nombre de connaissances sur un ensemble de problématiques transversales et de structurer le développement du cluster autour de ces échanges : circuits courts, activation et valorisation des ressources territoriales, réseaux régionaux / écologie industrielle territoriale / cycle des déchets et revitalisation écologique des sols / urbanisation et agrarisation de la ville / nouveaux métiers et modèles économiques / paysages urbains productifs / circuits courts, biodiversité et qualité organoleptique des aliments...

L’ensemble des entreprises impliquées sur le site contribueront à l’émergence et au développement d’un véritable écosystème de l’innovation dédiée à l’insertion de l’agriculture dans la fabrique et le renouvellement de la ville.

La Fabrique Agricole
La Ferme Urbaine à la française est une réponse internationale aux nombreuses expériences lancées de par le monde. La Fabrique Agricole, sujet d’innovation, présente deux axes nouveaux fondamentaux : cette ferme travaille avec les sols, les façades et les toitures de la ville et qualifie ainsi le paysage et l’espace public de ce quartier, au bénéfice des habitants et des riverains. Ce paysage constitué est le reflet des multiples réponses qu’offre la diversité agricole et paysanne française : de la technique en toiture, des champs, des vergers, un poulailler, des champignons sur café, des jardins potagers, etc. Elle devient, donc, ferme urbaine, que nous avons appelé, à dessein, Fabrique Agricole, à partir du moment où elle présente d’autres constituantes que sont transformer, recycler et inventer.

À l’échelle urbaine, nous voyons apparaitre une fabrique, allégorie englobant les activités de la ferme. À l’échelle de la ville, nous assistons à la naissance d’un quartier d’activités avec des lieux de fabrication et des commerces. Le paysage n’est plus le même, il devient protéiforme, multi usage, oscillant entre privé et public. Nous défendons l’idée d’une fabrique agricole où l’innovation vient tant des techniques mises en œuvre que de la complémentarité des métiers.
La combinaison des réalités évoquées, de ces activités multiples et des métiers représentatifs d’un savoir-faire français, de la production agricole à la gastronomie, fait également de ce territoire un véritable terroir inédit, lieu de fierté et de ré-ancrage des populations dans leur environnement urbain.

L’intérêt, ici, est de partir d’un postulat où l’agriculture, mode de production de nourriture et mode de production du paysage (le paysan étant un fabricant de paysage par excellence), voit ses pratiques modifiées et diversifiées par les conditions de la ville. Ainsi, le contexte urbain fait évoluer l’agriculteur vers des techniques en terre optimisées, du fait de la densité, qui lui permettent de travailler debout. C’est une évolution fondamentale car, en modifiant sa posture et allégeant considérablement sa pénibilité, il modifie sa perception et, donc, la nature de son activité. Cette dernière s’ouvre alors vers de nouvelles pratiques et de nouveaux domaines, requérant des compétences diversifiées, plus ou moins élevées, et ouvrant ce métier à des perspectives qui se situent, justement, à la croisée des différentes formes d’agriculture précédemment citées. Ces métiers nouveaux et émergents nécessitent des pépinières et des défis multitâches : produire, accueillir du public, animer, avoir un liant avec le restaurateur de proximité désireux d’avoir des produits de qualité.

C’est un nouveau métier riche, générant une agriculture soutenable, produite et gérée par un agriculteur de la ville qui agit sur son paysage urbain, réfléchit et travaille sur ces nouvelles synergies et envisage, demain, de nouvelles formes avec des moyens accrus donnés par son contact avec la ville.

Interactions entre espace public et espace privé
Le LUA fonde sa réflexion opérationnelle sur une conception renouvelée de l’écoquartier ou de l’éco-ZAC qui consiste à ajouter, à l’approche environnementale de l’urbanisme, une forte composante de production écologique localisée croisant biens agricoles alimentaires, fonciers, spatiaux et naturels.

Cette notion de production agricole localisée et distribuée emprunte aux démarches de développement territorial intégré l’ambition de combiner plusieurs enjeux, à la fois économiques, culturels, sociaux et environnementaux :
• des enjeux économiques, en conciliant logiques résidentielles et agricoles, pratiques maraîchères ou horticoles et structuration de filières locales ;
• des enjeux culturels, en assurant la promotion patrimoniale d’un nouveau type de paysage urbain ;
• des enjeux sociaux, avec l’établissement de nouvelles formes d’habitabilité, de nouvelles relations aux cycles naturels ;
• des enjeux environnementaux, en assurant des solidarités écosystémiques entre plusieurs fonctions et services urbains à l’échelle d’un quartier (cycle de l’eau, des déchets, écologie industrielle territoriale).

In fine, cette reconquête du sol et du projet urbain par des pratiques agricoles permettra de dépasser la conception traditionnelle du zoning pour proposer de nouvelles formes de complémentarités productives entre espaces urbains et réseaux agricoles, l’invention d’un système spatial en archipel dont l’agri-quartier sera la maille à l’échelle des grandes configurations urbaines.

La Fabrique Agricole, a pour parti pris de réintroduire l’agriculture en ville dans un projet de renouvellement urbain dense, connecté et résolument innovant.
L’innovation consiste notamment à retrouver un usage du sol perdu en milieu urbain dense, la culture agricole. Parce que l’agriculture doit s’inscrire au sol, pour retrouver une visibilité, un contact avec le public, à l’échelle du piéton et pour constituer le paysage de la ville depuis la rue, le montage du projet est forcément atypique avec, d’un côté, un bail emphytéotique sur une partie de l’emprise (qui permet à la ville de garder à terme un outil de production agricole fonctionnel ou une possibilité de valorisation foncière) et, de l’autre, une cession foncière directe par la ville pour réaliser une opération immobilière. Le projet de la Fabrique
Agricole s’inscrit donc dans un montage adapté pour répondre à cet objectif tout en restant à la fois simple, réversible et adaptable. Le projet est à coordonner par la SAS « la Fabrique Agricole »

L’AGRICULTEUR URBAIN

Notre époque est porteuse d’interrogations sur l’avenir de l’agriculture et de ses métiers. Elle est, plus que jamais, présente dans notre rapport au territoire et, ce, à toutes les échelles, locale et internationale.
Cette réflexion omet pourtant, très souvent, de se pencher sur l’évolution contemporaine de l’agriculteur, à savoir son identité, son profil, sa fonction et ses perspectives d’évolution. En effet, quelles qualités lui faudra-t-il développer demain, entre une agriculture mécanisée, robotisée et extensive et une agriculture de niche, pointue et exigeant un savoir-faire empirique ?
Cette question globale de la fonction et des champs d’application du producteur agricole, aujourd’hui au carrefour de pratiques industrialisées et d’une paysannerie au savoir empirique menacé, doit être activement envisagée. En effet, y répondre permet de sortir d’une vision simpliste limitant les perspectives d’évolution de l’agriculture et, à plus forte raison, de l’agriculture urbaine.

UN LIEU UNIQUE ET MULTIFONCTIONNEL, UNE COMPLÉMENTARITÉ DE MÉTIERS AUTOUR DE LA NATURE EN VILLE

Les Fermes de Gally se trouvent au coeur de la Fabrique Agricole. Elles réunissent différents métiers dont l’objectif est d’apporter la nature en ville. Ce lieu unique et multifonctionnel permet de produire, vendre, goûter, enseigner, échanger et disséminer. Il est le cadre principal, mais non exclusif, dans lequel des agriculteurs urbains, fermiers de la ville, multidisciplinaires et modernes, remplissent ces diverses missions.

Une équipe de maraîchers urbains produit des fruits et des légumes vendus ou consommés sur place. Cette production agricole propose un large éventail de produits : fraises, framboises, groseilles, myrtilles, tomates, aubergines, poivrons, salades, cresson, herbes aromatiques, micros pousses, fleurs comestibles ou champignons. Elle respecte un cahier des charges agriculture biologique (même si les produits ne peuvent pas être certifiés AB) et s’enorgueillit de pouvoir faire émerger un nouveau label de qualité : les fruits et légumes 0 kilomètres, l’ensemble de ces derniers étant vendus sur leur lieu de production. Ainsi, les produits, d’une qualité exceptionnelle, sont issus de variétés sélectionnées pour leur goût et leur saveur, et non pour leur aptitude à voyager sans s’abimer. Ils sont cueillis à maturité le matin et vendus dans la journée. En été, pendant les pics de travail, des saisonniers ou des chantiers d’insertion renforcent l’équipe.

EXTENSION DU DOMAINE DU LOGEMENT : USAGES ET RECYCLAGES AGRICOLES

Au sein de la variété de son paysage et de ses différents bâtiments, le projet développe un certain nombre de dispositifs qui répondent aux problématiques transgénérationelles de solidarité et de partage, de mobilité et de chronotopie.

Le bâtiment-jardin
Annexe du bâtiment de logements sociaux, le bâtiment-jardin est un nouvel objet urbain qui réunit des jardins de production maraîchère et des salles d’activité en occupation de courte durée. Il co-développe deux fonctions transgénérationnelles :
• un accès à différentes formes d’agriculture et un apprentissage de la nature comme lieu d’usage ;
• un accès immédiat à des espaces de travail numériques pour les jeunes générations, des lieux pour se lancer dans la vie professionnelle, pour expérimenter des projets et concrétiser les innovations de demain. Il a pignon sur rue. Il est également pensé comme un domaine d’extension du logement domestique, un lieu pour se retrouver, se ressourcer, se divertir.

La stratégie de cette association spatiale a pour but d’offrir aux usagers un cadre de travail agréable et donc propice à l’invention. Le système décline plusieurs familles d’usages : se lancer, travailler, se réunir, se ressourcer, se divertir. Chacune définit un registre d’occupation, un rythme de fréquentation, une ambiance.

La rue haute
L’impression d’un réseau de venelles creuse le volume dans sa partie supérieure. Le creusement de cette empreinte fait ressortir un réseau d’objets familiers connectés et mis en rapport direct avec le ciel. Ce dispositif restitue les principes essentiels de la maison ; l’autour, le jardin et l’identification du logement comme objet singulier. L’alignement urbain du volume est préservé par la continuité de la façade. Sur le toit des logements étudiants et des logements en accession, des serres collectives prolongent les mêmes fonctions que le bâtiment-jardin dans les hauteurs de la ville.

Les halls magasins
Les halls des bâtiments de logements proposent une double programmation qui permet aux habitants de mutualiser des biens de consommation ordinaires et de lutter contre toutes les formes de gaspillage. En plus de la mutualisation d’objets, ce local est un support de communication adapté aux différentes natures d’échanges envisageables entre les habitants de l’immeuble et du quartier (annonces variées, recherches, contacts, savoir-faire). L’installation a 3 objectifs : la mutualisation, la prévention et l’information, l’insertion professionnelle

Optimisation des flux d’énergie
L’optimisation bioclimatique du plan masse, le mode de construction, la qualité des enveloppes et le mode de ventilation permettent des performances thermiques (Smart Grid, système Gaia green). À l’échelle du projet, plus de 16 tonnes de déchets sont traitées localement chaque année dans une logique de circuit court, permettant de couvrir la majeure partie des besoins d’engrais des cultures (compostages, récupération des urines par le système no-mix, récupération du marc de café, etc.). La Fabrique Agricole testera, à l’échelle de l’îlot, le principe de toilettes séparatives (système no-mix) développé par le laboratoire suisse EAWAG, l‘un des instituts de recherche les plus réputés au monde dans le domaine de l’eau. Ce démonstrateur sera installé sur la totalité des logements étudiants et de l’hôtel, et en partie sur les logements en accession. Le principe testé comprendra 360 toilettes visant à séparer, à la source, les valeurs nutritives contenues dans l’urine pour les réintégrer dans les cycles agronomiques sous forme d’engrais.

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