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Ferme sur les toits

2012

Programme

Exploitation agricole (zones de cultures, locaux de travail et locaux techniques)

LIEU
Romainville (93)

MOA
OPH Romainville

EQUIPE
Le Sommer Environnement, Bureau Michel Forgue, Dear Concept, Courtirey, LUA

SURFACE
2700 m² de cultures

STATUT
Etude de faisabilité

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Situé sur un plateau de Seine-Saint-Denis, le territoire de Romainville est à proximité de la ville de Paris. Il se caractérise par une topographie marquée qui a créé une série de ruptures dans le paysage.

La cité HLM Marcel Cachin, construite dans les années 50 est typique des grands ensembles de cette époque et se développe sur une superficie importante avec de grandes barres de logements et quelques plots de R +4 à R +8.
Aujourd’hui, après la destruction de bâtiments, la transformation de la trame viaire et la création d’une plaine centrale ouverte et aménagée, le quartier accueille des équipements neufs.

Le projet se compose d’une ferme, à l’écriture contemporaine, tranchant clairement avec les barres de logements existants. Elle est portée par un portique qui enveloppe le bâtiment existant. Pourtant, cette ferme est un bâtiment agricole et ressemble à une serre classique, on peut reconnaitre sa fonction. Par cet ajout, il est question de donner une nouvelle interprétation des barres du quartier, en proposant une surélévation dont la silhouette contraste avec le parallélisme des barres et leur horizontalité. C’est pourquoi, le skyline de la ferme est chahuté par endroits. Pour autant, le portique s’inscrit dans l’écriture de l’existant et conserve rythme et régularité. Ainsi, la partie basse du bâtiment conserve sa filiation avec les autres bâtiments du quartier.

La ferme agricole a été greffée aux bâtiments Cb, Da et Db. Le programme se divise en trois catégories principales : les zones de cultures, les locaux de travail et les locaux techniques. Les zones de cultures et les locaux de travail se développent sur les toits des bâtiments existants, au dessus de 5 niveaux de logements. Les circulations et les locaux techniques sont situés à l’extrémité nord du bâtiment Da.

On accède à la ferme au rez-de-chaussée, au niveau des locaux techniques. L’entrée a été positionnée sur le bâtiment Da, situé entre les bâtiment Cb et Db, face à la prairie centrale. De cette manière, l’entrée de la ferme est dans l’axe du parc et directement connectée aux équipements publics qui encadrent la prairie centrale : la maison de l’enfance et la médiathèque. Une large entrée est aménagée au rez-de-chaussée pour permettre la manipulation de la terre et du matériel agricole. Un ascenseur et un escalier hélicoïdal mènent de bas en haut de la ferme. Au sous-sol, au même niveau que les caves des logements, on trouve la chaufferie, la salle d’eau ainsi que deux salles de stockage d’eau. Le local de stockage de la terre ainsi que le local ordures sont au rez-de-chaussée. Ils ont un accès direct vers l’extérieur.

Sur les toits, la ferme est organisée en deux niveaux. Les locaux de travail se situent sur les toits du bâtiment Da, à proximité directe des circulations verticales. Au premier niveau, on y trouve les chambres froides, un local de transformation et de conditionnement, un stock de consommables ainsi qu’un local d’entretien du matériel. Au niveau supérieur, sont organisés la pouponnière, le stock de produits dangereux, la miellerie, ainsi qu’un coin repas, un bureau et un vestiaire.

L’espace dédié aux cultures est divisé en trois zones sous serres en polycarbonate, chacune sur le toit d’un bâtiment différent. Les serres sont constituées de poutres et poteaux métalliques légers. Les cultures choisies nécessitent trois environnements climatiques différents en hiver permettant de cultiver différents légumes toute l’année, sans interruption. C’est pourquoi, les trois serres sont chauffées en hiver à des températures différentes : 8° C pour la serre sur le toit du bâtiment Cb, 12° C pour la serre du bâtiment Da, et 18° C pour celle du bâtiment Db. Elles sont toutes trois reliées par des passerelles en caillebotis.

Dans les serres, les cultures sont organisées sur deux niveaux et poussent en terre dans des bacs selon la technique Courtirey. Les dimensions des bacs et leur espacement ont été calculés de manière à permettre à la lumière d’y pénétrer sans gêner la croissance des fruits et des légumes. L’espacement entre les bacs permet à l’agriculteur de se déplacer dans les allées et d’y faire passer un chariot de travail. Ponctuellement, des élargissements dans les circulations autorisent d’y faire stationner les chariots et d’y ranger le matériel de travail. Au niveau bas de la ferme, un jardin filtrant par serre est aménagé pour filtrer l’air extrait des VMC des logements au dessous.

Chaque serre dispose de deux niveaux de cultures. Le niveau supérieur est toujours accessible par l’escalier hélicoïdal et la cage d’ascenseur de l’entrée, au bout du bâtiment Da. De plus, chaque serre dispose de sa propre cage d’escalier, évitant ainsi une perte de temps lors des déplacements.

Les consommations énergétiques des serres sont optimisées grâce au choix d’une enveloppe thermique performante, de la mise en place d’écrans thermiques mobiles, d’un ordinateur central pour la gestion de l’énergie et du climat intérieur des serres, des températures de consigne différentes pour chaque serre, de la diminution des infiltrations d’air, de la récupération des eaux pluviales et d’un stockage d’eau chaude.
Le bâtiment existant ne pouvant supporter aucune charge important, la ferme s’appuie sur un portique en béton qui enveloppe l’existant, contreventé par des dalles en béton situées le long de la façade du bâtiment. Cette structure, permet de d’offrir une extension à chaque logement sous forme de balcons et de jardins d’hiver, en de chaque côté de la façade. Les appartements disposent donc d’une surface plus importante dans le prolongement, d’un côté des cuisines et salles de bains, de l’autre des chambres et séjours. Les balcons, qui ont des surfaces généreuses, sont bien orientés puisqu’ils regardent vers le sud-est. A l’arrière, les jardins d’hiver tempérés permettraient de donner un espace de stockage à ces appartements assez petits.

La réunion d’une ferme et de logements dans un même bâtiment encouragerait sans aucun doute les échanges entre ces deux programmes. Ainsi, alors que la ferme prévoit un traitement de l’air extrait des VMC, elle produit des fruits et légumes consommables directement sur place par les habitants, selon un système de vente à définir (paniers, AMAP, marché...)

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